Portrait de Claire Par Claire
Publié le 2 septembre 2026
5 minutes

Configurer SPF, DKIM et DMARC pour améliorer la délivrabilité de vos emails

Configurer SPF, DKIM et DMARC pour améliorer la délivrabilité de vos emails
Croissance

Vos emails finissent-ils régulièrement en courrier indésirable ? Ou pire, vos destinataires ne reçoivent-ils jamais vos messages ? Dans un monde où la communication professionnelle repose sur l'email, une délivrabilité défaillante peut coûter cher. La solution repose sur trois protocoles d'authentification incontournables : SPF, DKIM et DMARC. Ce guide vous explique comment les configurer afin d'augmenter votre réputation d'expéditeur et de sécuriser vos échanges.

Pourquoi l'authentification email est essentielle à la délivrabilité

Lorsque vous envoyez un email, le serveur du destinataire doit vérifier que vous êtes bien celui que vous prétendez être. Sans cette vérification, les serveurs de messagerie traitent les messages comme potentiellement frauduleux. C'est pourquoi ils les placent dans les courriers indésirables ou les bloquent totalement. Les protocoles SPF, DKIM et DMARC sont justement conçus pour établir cette confiance.

Ils permettent de lutter contre l'usurpation d'identité et le phishing en empêchant les pirates d'envoyer des messages en votre nom. Pour les entreprises, cette protection est devenue indispensable. D'autant plus que les grands acteurs comme Gmail ou Outlook ont renforcé leurs exigences en la matière. Ne pas être en règle signifie une atteinte directe à votre communication.

L'enjeu est double : la délivrabilité et la réputation. Une bonne configuration améliore vos taux de délivrabilité, mais aussi votre image de marque. Des emails qui arrivent dans la boîte de réception sont plus susceptibles d'être ouverts et de générer des conversions. Un investissement de quelques minutes peut donc avoir un impact significatif sur vos campagnes.

Dans le cadre d'un OVH mail : guide complet pour gérer vos emails professionnels, la configuration de ces protocoles est une étape clé pour tirer le meilleur de votre infrastructure.

Comprendre SPF, DKIM et DMARC : rôles et différences

Ces trois protocoles ont des rôles distincts mais complémentaires. Pour bien les appréhender, il est utile de les comparer à un système d'envoi de courrier sécurisé. SPF est l'analogue d'un cachet de cire sur l'enveloppe, DKIM d'une signature manuscrite certifiée, et DMARC d'un garde du corps qui s'assure que tout est authentique.

SPF (Sender Policy Framework)

Le SPF est un enregistrement DNS qui spécifie les serveurs autorisés à envoyer des emails pour votre domaine. Concrètement, il s'agit d'une entrée de type TXT dans votre zone DNS. Lorsqu'un email est envoyé, le serveur de réception vérifie que l'adresse IP expéditrice figure bien dans la liste autorisée.

La configuration est relativement simple, mais il faut être rigoureux. Une erreur dans la syntaxe ou un oubli de sous-domaine peut casser la chaîne d'envoi. De plus, de nombreuses entreprises utilisent plusieurs prestataires d'envoi, il faut donc tous les lister correctement.

DKIM (DomainKeys Identified Mail)

Le DKIM, quant à lui, ajoute une signature numérique cryptographique à chaque email. Cette signature est basée sur une clé privée détenue par le serveur d'envoi et une clé publique publiée dans le DNS. Le serveur de réception utilise la clé publique pour vérifier que le message n'a pas été altéré et qu'il provient bien du domaine annoncé.

La force du DKIM réside dans le fait qu'il lie le domaine de l'expéditeur au contenu du message. Toute modification du message pendant le transport rend la signature invalide, ce qui protège contre les attaques de type homme du milieu.

DMARC (Domain-based Message Authentication, Reporting, and Conformance)

DMARC est la politique de vérification qui repose sur SPF et DKIM. Il indique aux serveurs de réception comment gérer les messages qui échouent à l'authentification : les livrer, les mettre en quarantaine ou les rejeter. DMARC fournit également des rapports qui vous informent sur l'utilisation de votre domaine.

DMARC ajoute une couche de visibilité et de contrôle essentielle. Il permet de surveiller les envois non autorisés et de lutter contre l'usurpation. C'est un outil puissant, mais il doit être déployé progressivement pour éviter de bloquer des emails légitimes. Une approche progressive est donc recommandée.

Pour une configuration optimale, il est impératif de bien configurer un serveur SMTP : guide pratique pour vos emails. Ces protocoles sont les briques de base d'une infrastructure d'envoi fiable.

Guide de configuration des trois protocoles

La configuration se déroule généralement en trois étapes : la génération des enregistrements, leur ajout dans la zone DNS, puis la vérification. Nous allons détailler chacune d'elles pour que vous puissiez procéder sereinement, même sans compétences techniques avancées.

Étape 1 : Configurer SPF

Commencez par identifier tous les serveurs qui envoient des emails en votre nom. Il peut s'agir de votre hébergeur, de votre fournisseur de messagerie, d'outils marketing ou de votre site web. Pour chaque serveur, vous devez obtenir son adresse IP ou son nom d'hôte.

Ensuite, créez un enregistrement TXT dans votre zone DNS avec la syntaxe suivante :

v=spf1 ip4:VOTRE_IP include:_spf.votre-hebergeur.com ~all

Remplacer VOTRE_IP par l'adresse IP de votre serveur d'envoi et votre-hebergeur.com par le nom de domaine de votre hébergeur (par exemple, pour OVH, vous utiliserez include:mx.ovh.com). Le mécanisme ~all est une règle d'échec souple. Pour une sécurité renforcée, vous pouvez utiliser -all (échec strict), mais testez d'abord.

Voici un exemple de tableau récapitulatif des paramètres à renseigner :

Champ Valeur
Type d'enregistrement TXT
Nom @ (ou votre domaine)
Valeur v=spf1 include:mx.ovh.com ~all

Après la sauvegarde, la propagation DNS peut prendre de quelques minutes à 48 heures. Vous pouvez vérifier la bonne prise en compte avec des outils en ligne comme MX Toolbox ou Google Admin Toolbox.

Étape 2 : Configurer DKIM

La configuration DKIM dépend de votre fournisseur de messagerie ou de votre serveur. En général, vous devez générer une paire de clés (publique et privée) dans votre interface d'administration. La clé privée reste sur votre serveur d'envoi, tandis que la clé publique est publiée dans le DNS.

La manipulation se fait dans le panneau d'administration de votre hébergeur. Pour OVH, par exemple, vous devrez vous rendre dans la section « Gestion des services » puis « Domaines ». Cherchez l'onglet « DNS » ou « Zone DNS » pour ajouter l'enregistrement. Le nom de l'enregistrement est généralement un préfixe comme default._domainkey ou google._domainkey, et la valeur est une longue chaîne de caractères.

Il est essentiel de copier cette clé sans erreur, car une seule faute de frappe rendra l'authentification impossible. De plus, si vous utilisez plusieurs services d'envoi, vous devez générer une clé distincte pour chaque service.

Étape 3 : Configurer DMARC

DMARC se configure également via un enregistrement DNS de type TXT, mais à un emplacement spécifique : _dmarc.votredomaine.com. La valeur de l'enregistrement contient plusieurs paramètres, notamment :

  • v=DMARC1 : la version du protocole.
  • p= : la politique à appliquer en cas d'échec (none, quarantine, reject).
  • rua= : l'adresse email à laquelle envoyer les rapports agrégés.
  • ruf= : l'adresse email pour les rapports de renseignements.

Voici un exemple d'enregistrement DMARC :

v=DMARC1; p=none; rua=mailto:rapports@votredomaine.com

La valeur p=none est utilisée en premier lieu pour collecter des données sans impacter l'envoi. Après quelques semaines, vous pourrez passer en mode quarantine ou reject selon les résultats. Pensez à créer une adresse email dédiée pour recevoir les rapports.

Une fois les trois protocoles configurés, vous pouvez vérifier leur bon fonctionnement avec des outils en ligne comme Mail Tester ou DKIMtester. Ces outils vous donneront une note et vous signaleront les erreurs éventuelles.

Bonnes pratiques pour une délivrabilité maximale

La configuration technique n'est que le début. Pour maintenir une excellente réputation d'expéditeur, vous devez adopter des bonnes pratiques continues. Voici une liste non exhaustive de conseils à intégrer dans votre stratégie.

Surveiller sa réputation d'expéditeur

Votre réputation est un indicateur clé. Elle est déterminée par les taux de plainte (clics sur « spam »), le taux de rebond et d'engagement des destinataires. Utilisez des outils de surveillance pour suivre ces métriques et réagir rapidement en cas de baisse.

Les rapports DMARC vous sont très utiles pour détecter d'éventuelles tentatives d'usurpation. Analysez-les régulièrement pour ajuster votre politique. De plus, de nombreux services de boîtes mail proposent des tableaux de bord de réputation (comme Google Postmaster Tools) qui vous donnent une vision précise de votre domaine.

Adapter sa stratégie d'envoi

Évitez d'envoyer de gros volumes d'emails d'un seul coup. Utilisez la montée en charge progressive pour chauffer votre adresse IP, surtout si vous venez de l'acquérir. De plus, segmentez votre liste de contacts pour envoyer des contenus pertinents et maintenir un bon taux d'engagement.

Un autre point souvent négligé est la gestion des retours en arrière (bounce). Supprimez immédiatement les adresses qui n'existent plus, car les envoyer en continu nuit à votre réputation. Mettez en place un processus de nettoyage automatique de votre base de données.

Enfin, soyez attentif aux retours des serveurs. Si un fournisseur d'accès à Internet vous signale un problème, prenez-le au sérieux. Une bonne réactivité peut éviter une mise en liste noire.

Les erreurs à éviter lors de la configuration

Même avec les meilleures intentions, des erreurs peuvent survenir. En voici quelques-unes des plus courantes et comment les éviter.

  • Oublier un enregistrement SPF : l'oubli d'un serveur légitime peut entraîner des échecs d'authentification.
  • Utiliser un enregistrement SPF trop permissif : un enregistrement de type +all annule tout l'intérêt de la protection.
  • Mettre à jour les clés DKIM sans préavis : si vous changez la clé, vos emails seront rejetés. Planifiez les changements.
  • Ignorer les rapports DMARC : ne pas consulter les rapports revient à conduire les yeux fermés.
  • Configurer DMARC en mode restrictif trop tôt : sans surveillance préalable, vous risquez de bloquer des emails légitimes.

Pour approfondir la question de la récupération des erreurs, consultez notre guide pour résoudre les erreurs SMTP les plus courantes en entreprise. Vous y trouverez des solutions concrètes pour diagnostiquer et corriger les problèmes.

De plus, si vous vous interrogez sur le choix de votre infrastructure d'envoi, notre article sur comment choisir le bon serveur SMTP pour votre entreprise vous éclairera sur les critères à considérer.

Vérification et surveillance de la configuration

Après avoir configuré vos enregistrements, il est impératif de les vérifier. De nombreux outils en ligne gratuits vous permettent de le faire, comme les tests de délivrabilité. Ceux-ci analysent vos enregistrements et vous indiquent s'ils sont correctement configurés.

Voici les principaux points à vérifier :

Protocole Ce qu'il faut vérifier
SPF Que l'enregistrement ne comporte pas d'erreur de syntaxe et que tous les serveurs sont listés.
DKIM Que la clé publique correspond à la clé privée et que le sélecteur est correct.
DMARC Que la politique est bien appliquée et que les rapports sont bien reçus.

La surveillance est un processus continu. Mettez en place des alertes pour être averti en cas de changement de configuration ou de baisse significative de la délivrabilité. La plupart des plateformes d'emailing proposent des rapports de performance. Utilisez-les pour affiner vos réglages.

Enfin, n'oubliez pas que ces protocoles évoluent. Tenez-vous informé des évolutions du marché, notamment en ce qui concerne DMARC qui est de plus en plus utilisé pour lutter contre les menaces avancées. Une veille régulière vous permettra de rester en conformité et de protéger votre domaine.

Portrait de Claire

À propos de l'auteure

Claire

Rédactrice en chef

Claire a passé dix ans au sein d'agences de communication parisiennes, où elle a piloté des stratégies de marque pour des clients grands comptes. Depuis 2020, elle analyse les mutations du secteur et partage son expertise avec les professionnels.

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